Ce jour-là, le soleil frappait les volets bleus d’un petit restaurant provençal. En terrasse, autour d’un pastis, j’écoutais l’histoire de Laurent, un ancien infirmier marseillais à la retraite depuis peu. Une vie passée au service des autres, et un récit qui m’a profondément marqué par sa sincérité.
Sommaire
De la plonge au bloc : un parcours sans diplôme mais pas sans ambition
En 1978, à 17 ans, Laurent entre à l’hôpital public de Marseille… pour un job d’été en cuisine. « Je voulais juste gagner un peu d’argent », me dit-il. « Mais très vite, j’ai compris que je voulais rester dans cet univers. »
Il gravit les échelons : agent hospitalier, puis aide-soignant en 1982. Finalement, il devient infirmier en 1990, après avoir réussi le concours interne. « Je n’avais aucun diplôme à la base. Ce parcours, je me le suis fabriqué », dit-il avec une fierté tranquille.
Pendant près de 30 ans, il travaille principalement en chirurgie thoracique. Un service exigeant, où chaque geste compte.
Catégorie active ou sédentaire : le choix de vie qui change tout
En 2011, l’administration lui propose de passer en catégorie A, avec une meilleure rémunération… mais un départ à la retraite nettement retardé. Il décline.
J’avais déjà plus de 30 ans de carrière dans les jambes. Le stress, la fatigue… Je ne me voyais pas continuer jusqu’à 65 ans », explique-t-il. Il choisit donc de rester en catégorie B, ce qui lui permet de partir à 58 ans, grâce au dispositif « carrière longue.
De 3 000 € par mois à 1 975 € à la retraite : un vrai choc
À la fin de sa carrière, Laurent gagnait 2 600 € brut de traitement indiciaire, auxquels s’ajoutaient 400 € de primes mensuelles, comme la prime de risque ou la prime de nuit.
Mais à la retraite ? Les primes ne comptent pas. Aujourd’hui, sa pension s’élève à 1 950 € brut, plus 25 € de retraite additionnelle, soit un total de 1 975 € mensuels. Une perte sèche de plus de 1 000 €, soit environ 34 % de revenus en moins.
On le sait, mais tant qu’on ne le vit pas, on ne mesure pas l’impact », dit-il. « Et encore, je n’ai pas de crédits. D’autres galèrent bien plus.
Un départ adouci… et un retour éclair pendant le Covid
Avant de partir, Laurent a activé son compte épargne-temps pour partir quatre mois plus tôt en étant payé normalement. « Ça m’a aidé à faire la transition », confie-t-il.
Comme d’autres retraités qui envisagent une vie plus douce sous d’autres horizons, Laurent s’est interrogé sur des options similaires à celles décrites dans ce témoignage choc de Français vivant mieux au Maroc avec 1 500 €.
Après 41 ans à l’hôpital, Laurent a envisagé diverses options pour sa retraite, comme partir à l’étranger et trouver une nouvelle vie avec 1500 € de retraite au Maroc.
Laurent envisage aussi de s’installer à l’étranger, car au Maroc, 1500€ suffisent pour vivre mieux sa retraite sous le soleil.
Il reviendra brièvement pendant la crise sanitaire, travaillant à temps partiel pendant un an. « Mais à 59 ans, j’ai senti que je ne tiendrais pas longtemps. Les cadences étaient trop dures. »
Il touche moins, mais il a gagné sa liberté
Aujourd’hui, Laurent vit plus modestement mais sans regret. Il passe du temps dans son jardin, voyage un peu, et surtout : il souffle.
Je n’ai jamais gagné des fortunes, mais j’ai tenu ma parole : j’ai fait ce métier avec le cœur. Et maintenant, je profite, simplement.
Mis à jour le 25 mars 2026
Une réponse
Franchement, les primes devraient être intégrées au calcul de la pension. Il y a vraiment trop de perte.