La situation que vit actuellement Selim, retraité de 86 ans, m’a profondément interpellé. J’ai moi-même été confronté à des problématiques immobilières complexes, bien que jamais à cette échelle. Ce propriétaire de Saint-Ouen s’est retrouvé dans une position cauchemardesque après l’expulsion de squatteurs qui occupaient son immeuble depuis quatre longues années.
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Le calvaire d’un octogénaire face aux squatteurs
En juin 2018, l’immeuble de Selim à Saint-Ouen est devenu la cible d’occupants illégaux. À son âge, cette épreuve s’est transformée en un véritable marathon judiciaire de quatre ans. Je me souviens d’avoir assisté à une conférence sur l’immobilier à Aix-en-Provence où des experts évoquaient ces situations dramatiques, sans imaginer leur ampleur réelle.
À l’issue de cette interminable procédure, le choc fut brutal pour cet homme qui avait travaillé toute sa vie pour acquérir ce bien : une facture d’eau ahurissante de 100 000 euros l’attendait. Les squatteurs avaient laissé une fuite couler en permanence, profitant de la loi qui interdit les coupures d’eau, même en cas d’impayés.
Son avocat, stupéfait, a déclaré n’avoir « jamais vu ça en plus de 10 ans de carrière ». Veolia, fournisseur d’eau, refuse d’annuler complètement cette dette colossale, mais envisage un geste commercial sous certaines conditions :
- Un échelonnement possible des paiements
- Un dégrèvement potentiel jusqu’à 40% du montant
- La nécessité de prouver l’existence d’une fuite souterraine
L’impact de la loi anti-squat sur les propriétaires
La loi Kasbarian-Bergé, entrée en vigueur il y a plus d’un an, a considérablement modifié le paysage juridique face aux squats. Vous savez, dans le secteur entrepreneurial que je fréquente, cette législation a fait l’objet de nombreuses discussions. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les expulsions forcées ont triplé en France, passant de 101 en 2022 à 356 entre septembre 2023 et mai 2024.
Avant cette réforme, de nombreux propriétaires, craignant la destruction de leur patrimoine, tentaient risquement d’expulser eux-mêmes les occupants. Aujourd’hui, 80% des demandes d’expulsion aboutissent, contre une proportion bien inférieure auparavant.
Voici l’évolution des interventions liées aux squats depuis la nouvelle loi :
| Période | Nombre mensuel de saisines | Taux de réussite des expulsions |
|---|---|---|
| Avant la loi anti-squat | 12 | Inférieur à 50% |
| Après la loi anti-squat | 48 | 80% |
Les zones d’ombre de la protection des droits fondamentaux
Le cas de Selim met en lumière un paradoxe législatif qui mérite réflexion. Je me suis penché sur cette question lors d’un séminaire juridique où nous analysions les limites du droit de propriété face aux droits fondamentaux. L’accès à l’eau potable est protégé par la loi française comme un droit essentiel, ce qui interdit toute coupure, même en situation d’occupation illégale.
Cette protection, bien que nécessaire sur le principe, crée des situations aberrantes comme celle de ce retraité. Malgré ses démarches immédiates pour faire interrompre l’approvisionnement en eau dès le début du squat, la législation actuelle l’a placé dans une impasse financière.
Au-delà de cette facture astronomique, Selim doit également financer les réparations considérables de son bien immobilier. Les dégradations sont telles que ce patrimoine, fruit d’une vie de travail, nécessite des investissements majeurs pour redevenir habitable ou vendable.
Cette histoire résonne particulièrement dans le contexte marseillais que je connais bien, où les problématiques d’habitat et d’occupation illégale existent également. Elle nous rappelle que derrière les statistiques d’expulsion se cachent des drames humains et des conséquences financières potentiellement dévastatrices pour les propriétaires.
Mis à jour le 28 mars 2025