Le projet traînait depuis des années comme un serpent de mer dans les discussions de quartier. Certains n’y croyaient plus. D’autres espéraient en silence. Mais cette fois, c’est acté : le prolongement du BUS (Boulevard Urbain Sud) est relancé, le cadre juridique est verrouillé, les financements sont là. Après l’ouverture du premier tronçon en juillet 2020 entre Florian et Sainte-Marguerite, la suite vers la Pointe-Rouge entre enfin dans sa phase concrète.
Alors, au-delà des discours, qu’est-ce que ce contournement va vraiment changer dans la vie des Marseillais ? Ceux du sud, mais pas seulement.
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Un axe pensé pour fluidifier, mais pas pour tout absorber
Le tracé du BUS vise à prolonger la rocade L2 jusqu’à la mer. Quatre voies pour les voitures, des couloirs réservés pour les bus, des pistes cyclables sécurisées, des cheminements piétons, et des bandes végétalisées pour limiter l’impact visuel et sonore. À première vue, c’est carré.
Mais soyons clairs : ce projet ne supprimera pas les bouchons. Il va surtout redistribuer le trafic. Aujourd’hui, les artères du sud saturent à chaque heure de pointe. Demain, une partie de ce flux passera par ce nouveau boulevard. Le gain de temps sera réel, mais partiel. Et tout dépendra du respect des règles de circulation, notamment pour les voies bus.
Des mobilités plus variées, mais un chantier à vivre
Ce qui change vraiment la donne, ce sont les aménagements pour les cyclistes et les piétons. Contrairement à d’autres chantiers marseillais, ici les pistes ne seront pas symboliques. On parle de bandes séparées, continues, avec un revêtement adapté et une sécurisation aux croisements.
Le revers ? En attendant la fin des travaux, ces mêmes zones seront en chantier, parfois longtemps. Les phases intermédiaires entre Sainte-Marguerite et la Pointe-Rouge restent floues dans leur calendrier, et les nuisances risquent d’être au rendez-vous pendant plusieurs mois, voire années.
Une vraie opportunité pour les commerces du sud
Il faut le dire : les commerces et artisans de Sainte-Anne, Mazargues, La Panouse ou la Capelette vont gagner en accessibilité. Livraisons plus simples, nouvelles clientèles, itinéraires plus lisibles. Pour les professionnels, c’est l’occasion de revoir leur positionnement, voire d’anticiper une hausse de fréquentation.
Mais avec cette accessibilité vient une nouvelle pression foncière. L’arrivée d’un axe structurant modifie toujours l’équilibre du marché local. Certains loyers vont grimper, des locaux seront convoités. Ceux qui anticipent pourront en tirer profit. Ceux qui subissent risquent de devoir s’adapter vite.
L’environnement, point sensible du tracé
Ce projet n’a pas été sans controverse. Dès le départ, des associations écologistes et des collectifs citoyens ont pointé l’impact sur les zones naturelles traversées. Pins abattus, haies détruites, faune déplacée. En réponse, la Métropole a promis des corridors verts, des plantations locales et des aménagements compensatoires.
Avec la mise en service complète du BUS, trouver un stationnement deviendra un enjeu clé pour les Marseillais, d’où l’importance de connaître dès maintenant Marseille : 4 rues gratuites où se garer en 2025 (avant que la mairie ne les transforme).
Le prolongement du BUS soulève aussi des questions sur l’impact des grands projets métropolitains, rappelant que une nouvelle métropole, et ma ville disparaît sans prévenir.
Avec l’achèvement du Boulevard Urbain Sud, les perspectives immobilières s’élargissent, notamment dans les secteurs évoqués dans Marseille 2025 : 3 quartiers où acheter à moins de 2 800 €/m² malgré la flambée des prix.
Leur efficacité reste à démontrer. Une plantation ne remplace pas un écosystème. Et dans cette ville où l’entretien des espaces verts laisse souvent à désirer, le scepticisme est justifié. Ce sera aux habitants, une fois le chantier achevé, de veiller à ce que les engagements soient respectés dans la durée.
Le BUS redessine le sud : à chacun d’en tirer le meilleur
Ce contournement, qu’on l’aime ou non, va bouleverser les usages. Plus de fluidité pour certains, plus de nuisances pour d’autres. Mais une chose est certaine : il ne laissera pas les quartiers traversés indifférents. Les habitants, les commerçants, les parents d’élèves, les cyclistes… tous devront composer avec cette nouvelle donne.
Alors autant s’y préparer, poser les bonnes questions à la Métropole, suivre l’évolution du chantier de près, et saisir les opportunités quand elles se présentent. Car à Marseille, on le sait : les grands projets avancent toujours à leur rythme, mais finissent par devenir des réalités très concrètes.
« Si vous êtes locataire ou commerçant dans un quartier longeant le futur tracé, gardez un œil sur l’évolution des loyers dans les 12 prochains mois. »
Mis à jour le 25 mars 2026