Transmettre une partie de son épargne à un enfant, pour l’aider à acheter un logement ou démarrer un projet, peut se faire plus simplement qu’on le croit. En France, il est légal de donner jusqu’à 100 000 € à un enfant tous les 15 ans sans payer d’impôts, et cela peut se faire sans passer par un notaire. À condition de respecter les règles, notamment la déclaration aux impôts. Voici comment ça fonctionne concrètement.
Sommaire
Pourquoi ce type de don est de plus en plus utilisé
Quand un enfant ou un petit-enfant a besoin d’un coup de pouce — achat immobilier, reconversion, crise personnelle — pouvoir l’aider rapidement fait la différence. Le don manuel permet de transférer directement de l’argent, par virement, sans passer par un acte notarié. C’est ce qui le rend attractif : peu de démarches, pas de frais de notaire, mais un cadre légal précis à suivre.
Ce type de don est reconnu par l’administration fiscale. Il s’agit d’une remise directe d’un bien meuble (argent, chèque, bijoux, etc.), entre le donateur et le bénéficiaire. Mais attention : cette simplicité ne dispense pas d’une obligation formelle.
Ce que dit la loi : déclaration et abattements
Un don manuel doit être déclaré à l’administration fiscale à l’aide du formulaire Cerfa 2735. Cette déclaration est obligatoire, même si le don est exonéré d’impôt grâce à un abattement. Le formulaire peut être déposé en ligne via son espace personnel sur impots.gouv.fr, ou envoyé en version papier au centre d’enregistrement compétent.
Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 € par enfant tous les 15 ans sans droits de donation. C’est un abattement renouvelable, tant que ce délai est respecté. Le calcul se fait par parent et par enfant : un couple peut donc donner jusqu’à 200 000 € à un enfant tous les 15 ans, sans impôt, à condition de ne pas avoir déjà utilisé cet abattement sur la même période.
“La déclaration du don permet de sécuriser juridiquement l’opération et d’éviter toute mauvaise surprise en cas de contrôle fiscal ou de succession.”
Des conditions supplémentaires pour certains abattements
Un autre dispositif, appelé “don familial de sommes d’argent”, permet de donner jusqu’à 31 865 € en plus, exonérés d’impôt, mais uniquement si certaines conditions sont remplies : le donateur doit avoir moins de 80 ans et le bénéficiaire doit être majeur au moment du don. Ce plafond est également renouvelable tous les 15 ans et peut se cumuler avec les autres abattements familiaux.
Des abattements spécifiques existent aussi pour les petits-enfants (31 865 €), les neveux/nièces (7 967 €), les personnes handicapées (159 325 €), etc. Ces montants sont également valables tous les 15 ans et soumis à déclaration. Il faut bien distinguer les règles selon le lien de parenté et les conditions d’âge ou de situation.
Anticiper sans se mettre en danger financièrement
Faire un don de son vivant permet non seulement d’aider concrètement ses proches, mais aussi de réduire la future base de calcul des droits de succession. Cela dit, il est important d’anticiper ses propres besoins futurs avant de donner. Une fois l’argent transféré et déclaré, il ne pourra pas être récupéré.
Mieux vaut aussi échanger en amont avec les autres membres de la famille si le don n’est pas réparti équitablement entre tous les enfants, afin d’éviter des tensions lors de la succession. En cas de doute, le recours à un notaire ou un conseiller patrimonial peut sécuriser l’opération.
“Donner, c’est transmettre, mais c’est aussi renoncer. Il faut s’assurer que ce geste n’impactera pas ses projets personnels ni sa tranquillité financière à long terme.”
Pour mieux comprendre les règles fiscales, découvrez comment donner jusqu’à 31 865 € à ses enfants sans payer d’impôt en toute légalité.
Transmettre 100 000 € à un enfant sans frais ni notaire est possible aujourd’hui, mais attention : dès 2026, cette nouvelle règle fiscale affole les familles : même 40 € donnés à un enfant fera débat.
Ce qu’il faut éviter pour rester dans les clous
Ne pas déclarer un don manuel, même s’il est exonéré d’impôt, peut entraîner un redressement fiscal. Le fisc peut requalifier l’opération, appliquer des pénalités, ou en tenir compte dans le calcul des droits de succession. Il est également interdit de faire un don déguisé sous forme de prêt jamais remboursé ou de fausse vente.
La déclaration doit être effectuée dans le mois suivant la remise du don, ou dans le mois suivant sa révélation (par exemple via une transaction immobilière). Dans tous les cas, mieux vaut ne pas attendre une demande de l’administration pour régulariser sa situation.
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Profiter des règles actuelles avant qu’elles ne changent
Les règles fiscales sur les donations peuvent évoluer. Si des réformes venaient à réduire les abattements ou imposer de nouvelles conditions, il serait alors plus coûteux de faire une donation. Donner aujourd’hui, quand les seuils sont encore élevés, peut donc être une stratégie patrimoniale efficace.
Le don manuel reste l’une des méthodes les plus accessibles pour transmettre, sans frais, une somme importante à ses enfants ou petits-enfants. À condition de respecter les démarches déclaratives et de ne pas sous-estimer l’impact sur sa propre stabilité financière.
Mis à jour le 25 mars 2026