Chaque mois, ils font les comptes, ajustent les courses, reportent des achats et suppriment les sorties. Un petit montant précis revient souvent dans les discussions : c’est ce qu’il leur faudrait pour ne plus vivre au jour le jour. Un chiffre, issu d’une étude nationale, met un mot, et surtout un montant, sur cette frustration que beaucoup ressentent sans toujours la quantifier.
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Pourquoi ce manque se fait autant sentir aujourd’hui ?
Depuis trois ans, les prix n’ont cessé de grimper. Alimentation, énergie, assurances… Même si l’inflation ralentit légèrement, les conséquences sont encore bien présentes dans les foyers. Les hausses successives ont laissé des traces dans les habitudes de consommation, mais surtout dans les esprits.
Selon le dernier baromètre Cofidis sur le pouvoir d’achat, les Français estiment qu’il leur manque une somme bien définie chaque mois pour vivre « convenablement ». Ce n’est pas pour partir en vacances ou s’offrir du luxe : simplement pour manger correctement, payer les charges, se faire un petit plaisir et éviter le stress du découvert bancaire. Ce chiffre est d’autant plus marquant qu’il est exprimé par les personnes concernées elles-mêmes. Il reflète un ressenti profond, pas une analyse économique abstraite.
Ce que disent vraiment les Français quand ils parlent de pouvoir d’achat
38 % des Français placent le pouvoir d’achat en tête de leurs préoccupations, devant même la santé ou la sécurité. Ce n’est pas juste une inquiétude diffuse : c’est quelque chose qui impacte leurs décisions au quotidien. Habillement, loisirs, équipement du logement, tout passe à la trappe. Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas dépenser, c’est qu’ils ne peuvent plus.
Et quand on leur demande à quoi servirait cet argent manquant chaque mois, les réponses sont claires : en priorité à l’alimentation (40 %), suivie par les loisirs (33 %) et le logement (25 %). Ce n’est donc pas une question de confort, mais de besoin. Un besoin quotidien, pressant, qui pèse psychologiquement.
Des découverts bancaires en hausse, surtout chez les plus jeunes
Le stress financier ne se limite pas aux arbitrages de consommation. Il se traduit aussi concrètement sur les comptes en banque. Aujourd’hui, 38 % des Français finissent régulièrement le mois à découvert. Chez les jeunes, ce chiffre grimpe à 52 %. Chez les foyers avec enfants, il atteint 49 %, et les femmes sont elles aussi particulièrement touchées (42 %).
À l’inverse, les retraités s’en sortent mieux : seulement 22 % d’entre eux déclarent être en découvert, soit bien en dessous de la moyenne nationale. Moins de dépenses contraintes, un budget plus stable… cela joue. Mais pour les actifs, jongler entre les échéances devient un exercice périlleux.
« Le découvert devient une habitude… jusqu’au jour où la banque dit stop. »
Ce que vous pouvez faire concrètement si ce manque vous concerne
La première étape, c’est de poser les chiffres à plat. Calculer précisément ce qu’il vous manque chaque mois, comme l’ont fait les sondés de l’étude, permet d’objectiver le problème. Ensuite, il faut identifier les dépenses fixes non négociables (logement, énergie, transport), puis voir ce qui peut être modulé sans se priver de tout.
Si le découvert bancaire devient une routine, mieux vaut prévenir que guérir. Des solutions existent : renégocier ses contrats (assurances, abonnements), utiliser des outils de gestion budgétaire ou, dans les cas les plus tendus, se faire accompagner par un conseiller bancaire ou un travailleur social. Il vaut mieux agir avant que la situation ne se bloque.
Et si la somme qui vous manque est régulière, l’autre levier est d’essayer de générer un revenu complémentaire, même modeste. Vente de vêtements, petits services, plateforme en ligne : il ne s’agit pas de « réussir sa vie » sur les réseaux, mais simplement de regagner un peu d’air.
Ce constat pose une question cruciale : peut-on vraiment être riche en France avec 3 680 € par mois, alors que tant de Français peinent à boucler leurs fins de mois ?
Malgré une baisse progressive de l’inflation, de nombreux Français continuent de ressentir les effets d’un budget serré, comme l’explique l’analyse « Pouvoir d’achat 2025 : pourquoi la baisse de l’inflation ne soulage toujours pas votre budget ».
« Ce n’est pas une honte d’être juste : c’est une erreur de rester seul face au problème. »
Pourquoi ce chiffre fait autant réagir
Ce chiffre marque car il est précis, concret, et partagé par des millions de personnes. Il dit tout haut ce que beaucoup vivent tout bas. Il montre que le problème du pouvoir d’achat n’est pas un débat politique ou économique lointain : c’est une réalité vécue chaque mois par une majorité de Français.
Il sert aussi de point de repère pour poser la question centrale : qu’est-ce qu’une vie décente aujourd’hui en France ? Et surtout, pourquoi tant de gens en sont encore éloignés malgré un emploi, un logement, une vie « normale » ? Le débat ne fait que commencer.
Mis à jour le 25 mars 2026